03/04/2010

Entre gens civilisés ou entre sauvages ?

Hier, un homme a été poussé sur les rails du RER Gare de Lyon à Paris. 
Il semblerait que sa tête ait heurté le train qui entrait en gare, qu'il ait été renvoyé sur le quai. 
Toujours est-il qu'il est mort (forcément, ajouterai-je !).

On en parle un peu partout, et tout le monde prône LA solution : installer sur les quais un dispositif de portes automatiques qui ne s'ouvriraient que quand le train est arrêté. 
Mais voilà, ça coûte la peau des fesses.
J’ai même entendu un commentaire d’un voyageur qui disait : « c’est normal, que les gens se bousculent : tout le monde veut une place assise ». 
Non, ce n’est pas  « normal » de pousser et d’écraser pour passer.
On emprunte les transports en commun, on ne les prend pas d’assaut !

Donc, les gens sont aux aguets : on ne sait jamais qui, dans toute cette foule, sera celui qui vous propulsera sur les rails, et surtout, chacun surveille les mouvements du voisin pour s’assurer que cet autre – l’ennemi – ne risque pas de passer devant lui. 
Résultat : prendre le RER A à l’heure de pointe, ça frise la guerre.

Nulle part, ni dans les gares ni ailleurs, on ne pourra éviter les tarés, mais on limitera les dégâts et on évitera en même temps les accidents en appliquant une solution toute simple et qui ne coûte pas un rond : les conduites civilisées.  Associées à cette qualité en voie de disparition qu'est le bon sens, elles éviteront que des malades puissent balancer des quidams sous les trains.

Commençons par les conduites civilisées. 
Il n'y a pas de place assise pour tout le monde, et ce n'est pas un drame existentiel que de voyager debout : les couloirs de la plupart des RER sont conçus pour ça.

Si au lieu de se presser sur l'extrême bord des quais pour essayer d'entrer prem's, les gens attendaient sagement que le train s'arrête, que les autres voyageurs descendent, puis montaient dans le train avec ordre, méthode, discipline et attention aux autres, les malades qui ont des pulsions de mort auraient moins de chance de réussir à balancer des gens sur les rails. 
Et puis aussi, les trajets seraient moins stressants.
Et puis aussi, les gens seraient moins stressés.


Pour le bon sens, c'est à peu près pareil. 
Si vous voulez remettre de l'eau fraîche dans un vase de fleurs coupées, il vous faut commencer par vider l'eau qui est en place.  Vous le savez, vous le faites spontanément et vous trouveriez complètement stupide de mettre de l'eau dans un vase plein. 
C'est pareil pour les trains.
Si vous voulez monter dans le train, il faut d'abord laisser descendre ceux qui le souhaitent.
Et pour le même motif que vous ne videriez pas le vase au travers d'un entonnoir renversé - vous trouveriez ça complètement stupide aussi - il faut laisser les portes entièrement dégagées pour que les voyageurs qui descendent puissent le faire sur toute la largeur des portes au lieu de devoir passer en file indienne au milieu de la masse compacte des voyageurs qui poussent déjà pour entrer (et qui ont parfois déjà un pied sur la marche d'entrée).
ça, c'est pour le bon sens.


Et tant que j'y suis : si les filles avec leur sac à l'épaule, et les ados avec leur sac à dos réfléchissaient un peu, ils porteraient leur sac à la main dans les trains bondés : tout cet espace laissé libre entre les jambes, c'est de la place perdue.

On pourrait même aller jusqu'à imaginer - soyons fous - qu'une femme enceinte, ou quelqu'un de vieux ou handicapé reçoive spontanément une place assise, au lieu de voir la plupart des gens plonger le nez dans leur bouquin ou faire semblant de dormir quand ils sont confrontés à ce péril qui pourrait bien leur piquer leur précieuse place, acquise au péril de leur vie. 

Et si les gens étaient moins grossiers - et moins cons, aussi - ils se lèveraient de leur strapontin quand il y a trop de monde dans la rame au lieu d'obliger ceux qui sont debout à se positionner en "S".

Dans mes rêves les plus fous j’imagine que les gens rentrent dans le RER et s’avancent afin de dégager les entrées au lieu de bousculer tout le monde pour passer, et s’arrêter juste près de la porte, pour boucher convenablement le passage des autres voyageurs.  Et même, parfois – mais là, c’est comme si j’étais folle à lier -  je vais même jusqu’à penser que les gens descendraient sur le quai pour dégager le passage de ceux qui veulent sortir du train.


Quand je serai grande, le monde sera différent : les uns et les autres seront attentifs aux autres et aux uns.
Et ça, ce sera vachement bien.

Et je rappelle à tous les utilisateurs du RER A que si le train qui arrive est bondé, il y en a un autre qui suit dans quelques minutes.

 

001 100 alargeur blog

 

Commentaires

Diabolique Quand j'ai la chance d'être assise dans le RER, et que je sens quelqu'un qui trépigne à côté de moi parce qu'il est debout et qu'il surveille tous les mouvements autour de lui pour savoir qui va sortir du train et lui laisser sa place, je donne tous les signes de celui qui va se lever pour descendre à la gare suivante. Je sens alors celui qui est debout commencer à soupirer d'aise et à se positionner pour essayer de prendre cette place (même si pour ça, il faut qu'il écrase quelqu'un de mieux positionné que lui pour ladite place).
Et à la gare suivante, comme je ne suis pas encore arrivée à destination, je ne moufte plus.

C'est dérisioire, et je ne suis pas certaine que le message passe.
Mais bon, je ne me vois pas non plus prendre un gueulophone dans la rame pour donner une leçon de bonne conduite à ces abrutis qui ne comprennent pas que dans [i]"transports en commun"[/i] il y a le mot [i]"commun"[/i].

Écrit par : Lau | 05/04/2010

Je te retrouve, il y avait longtemps ! Telle qu'en toi-même, avec ta "philosophie" de la vie, et ton humour.
Moi je ne prends pas le RER, et pour cause, il n'y en a pas chez moi, mais je prends le métro et c'est du pareil au même, pas seulement dans les transports en commun d'ailleurs. C'est presque partout : ote-toi de là que je m'y mette ! Désolant !

Écrit par : Marie-Claire | 05/04/2010

C'est bizarre mais il y a 50 ans ( j'ai 71 ans, brrrr )dans les transports en commun les gens se conduisaient correctement et c'était vrai, ils étaient éduqués ( une bonne petite giffle de temps en temps remettait les idées en place aux enfants) maintenant, ils font ce qu'ils veulent .... comment, dans cette situation là, peut-on encore les éduquer à la politesse.
Je ne demande pas de revivre dans les années 50 ( 60 ans déjà ) mais il y a parfois des regrets

Écrit par : Eifel | 09/04/2010

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