10/04/2010

VTFF

Trouvé hier dans la bàl, ce courrier de celle qui, à l'agence du syndic, se dit : "gestionnaire de copropriétés" : 

Madame, Monsieur, 

SUITE A L'INSTALLATION DU PORTAIL ET DU PORTILLON, NOUS VOUS RAPPELONS QU’IL EST IMPERATIF DE PASSER PAR LE PORTILLON ET NON PAR LE PORTAIL POUR UN PASSAGE PIETON.

EN EFFET, LE PORTAIL EST REGLE POUR UNE CERTAIN NOMBRE DE PASSAGES VEHICULES.

VOUS DEVEZ EGALEMENT EVITER TOUTE ENTREE A PIED PENDANT LA FERMETURE DU PORTAIL FRAGILISANT AINSI LA TEMPORISATION MISE EN PLACE.

Nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.

Refusant d'obtempérer à une autorité qui n'en est pas une, et pas du tout impressionnée par le ton désagréable qu'elle utilise tant par écrit qu'oralement, j'ai juste envie de lui répondre ça : 

Madame,

Je vous remercie infiniment de votre courrier : alors que le portail est installé depuis plus de 6 mois, j'apprécie à sa juste valeur de recevoir la première bribe d'information sur les subtilités de son fonctionnement.
Vous êtes manifestement très énervée – la manière que vous avez d’écrire en majuscule et en gras le démontre – mais nous n’avons pas la science infuse et ne pouvions imaginer que ce portail en acier trempé triple  épaisseur résistant aux ogives nucléaires à longue portée était tellement sensible. 
Il eût fallu, avant de vous énerver, nous donner les informations techniques que nous vous avons réclamées à plusieurs reprises (je garde d’ailleurs un souvenir très précis de votre ton méprisant et agacé lors des conversations téléphoniques que nous avons eues à ce sujet.)

Sachez que nous aurions apprécié de pouvoir commander l'ouverture du dit portail au départ d'un interphone installé dans nos maisons.  En effet, vous admettrez qu'il est peu confortable de devoir demander à un visiteur de nous téléphoner pour nous dire qu'il poireaute devant l'entrée, de telle sorte que, armés de notre télécommande, nous quittions notre maison pour aller commander l'ouverture.  
Pardonnez mon impertinence, mais ce n'était pas la peine d'installer un portail aussi subtil si l'étude préalable ne tenait pas compte de tous les cas de figure. 

Je conçois qu'il y a un certain confort à savoir que le lotissement n'est plus accessible aux intrus mal intentionnés, mais concevez, de votre côté, que le système d'ouverture n'a rien de convivial.  Nous avons compris que nous n'avions pas intérêt à ce qu'un visiteur ami, de passage dans le quartier, décide de venir nous faire un petit coucou impromptu.  Sans notre numéro de téléphone, il n’a aucun moyen de nous avertir.  

A défaut de câbler un système d’interphones, vous auriez pu au moins installer, sur le panneau lumineux digicode chic et classe qui permet d'ouvrir le portillon des piétons, un système d'appel relié aux lignes téléphoniques, parce qu'en l'état actuel des choses, à part frimer, le panneau lumineux n'a aucune utilité puisque vous n'avez pas jugé utile de nous communiquer le code d'ouverture du portillon).   

N’oubliez pas que vous existez uniquement parce que des copropriétaires ont choisi de faire appel à vos services, que personne n'est irremplaçable, et que des syndics, il y en a à tous les coins de rue. 
Il existe même des copropriétés qui fonctionnent sans syndic.
C’est dingue, non ?

Je vous prie de croire, Madame, en l’expression de mes sentiments distingués (*)




(*) et dans l’ensemble de mes sentiments, je distingue particulièrement : ton petit pouvoir, ma grosse, il ne m’impressionne pas, pas plus que ton papier à lettres glacé à en tête en relief. Ça te situe ?

Mais bon, je ne vais pas le faire. 
Mais quand je serai grande, j'aurai une maison sans copropriété, parce que l'enfer, c'est les autres !


001 100 alargeur blog

 

 

 

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