02/05/2010

Cités, racaille et langue de bois

Il avait dit "racaille" et beaucoup, très politiquement corrects, avaient hurlé face à ce manque de compréhension manifeste pour ces pauvres jeunes sans avenir qui disaient ainsi, avec leurs petits moyens à eux, leur profond mal de vivre et leur détresse d'être abandonnés de tous.
En gros, c'était le caillassage de bus, le trafic de drogues et la terreur dans certaines cités pour lancer des appels au secours.
On ne cautionnait pas mais on comprenait, et il fallait trouver des mesures d'encadrement social et psychologique pour sortir de là ces pauvres jeunes qui n'avaient plus que la violence pour s'exprimer, pauvres laissés pour compte qu'ils étaient de l'horrible système capitaliste qui les laissait sur le pavé.
C’était la faute de la Société s’ils en étaient rendus à ça.

Près de 5 ans après les célèbres émeutes de l'automne 2005, rien n'a changé.
Ces mêmes cités continuent à être vérolées par des bandes de trafiquants de tout poil qui ne veulent qu'une chose : qu'on les laisse trafiquer en paix et que, surtout, on ne s'avise pas de mettre le droit et la loi sur ce qu'ils revendiquent comme leur territoire personnel. 

Qu'on ne s'y trompe pas : ceux-là ne veulent ni formation, ni insertion, ni emploi.
Tu rigoles ?  Pourquoi iraient-ils bosser pour un salaire très moyen, et avec toutes les contraintes qui accompagnent, alors qu'en trafiquant, ils se font de l'argent facile, et que la violence qu'ils répandent autour d'eux leur laisse penser qu'ils sont les maîtres du monde. 

Ce que tout le monde a oublié, c'est que dans ces cités-là, il y a proportionnellement plus d’honnêtes gens que de racaille.
Et ces honnêtes gens là tendent vers une vie meilleure.
Ceux-là méritent (Houlà, le gros mot !) que l’on se batte pour eux, qu’on les accompagne et qu’on les tire vers le haut.
Ceux-là ne sont pas responsables de la vie qu’ils ont et c'est vers eux que toutes nos attentions doivent se porter.

Ceux-là ont le droit de prendre le bus sans risquer de se retrouver blessés.
Ceux-là ont le droit de prendre l’air en bas de l’immeuble sans risquer de se prendre une balle dans la tête.
Ceux-là ont le droit d’avoir un logement dans un environnement qui ne sue pas l’angoisse.
Ceux-là ont le droit de vivre et d’être heureux.

Les autres, n’ont d’autre droit que celui d’entrer dans la Société.
Une fois, ça passe.
Deux fois, ça coince.
Trois fois, c’est coercition.  Sévère et sans états d’âme.
Et s’ils ne veulent pas de cette Société là, qu’ils aillent se faire foutre.  Qu’on les mette à l’écart et qu’ils cessent d’empêcher la vie des autres de tourner rond.

C’est une assistante sociale qui vous le dit.
Elle ne votera jamais extrême droite - ce serait vraiment moche pour les honnêtes pauvres gens de ces cités là - mais elle en a assez d'entendre les discours compassionnels qui excusent, dédouanent et expliquent, parce que ceux qui tiennent ces discours ont laissé leurs couilles gonades au vestiaire avant d'entrer sur les plateaux télé pour parader dans tous les débats politiques dont les journalistes croient  utile de nous abreuver à longueur de temps.

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